PRESENTATION TRAVAIL

Les lumières intimes et quasi crépusculaires de la peinture de Karha qui paraissent inonder la toile, lui permettent de vibrer littéralement, de s’animer d’une vie intérieure. L’atmosphère propre à chaque toile nous enveloppe de sa chaleur et de la poésie du sujet. Les effets de flou et de glacis sont traités de manière très actuelle et personnelle. L’art de la peinture est en permanente mouvance, inscrit dans une recherche infinie: ceci est particulièrement vrai pour le style de cet artiste qui cherche dans chaque tableau des nouvelles expériences chromatiques où la composition et l’articulation des tâches de couleurs prennent des voies inattendues et novatrices. Le figuratif du sujet (et de ses portraits) est travaillé de manière contemporaine dans une progressive abstraction.

Chaque toile est une porte qui s’ouvre sur un rêve, une apparition fugace qui semble déjà s’estomper pour s’absenter. La dimension onirique est indéniable: ces peintures nous touchent par leur côté impalpable et insondable où le mystère demeure entier grâce à des «non-dits» picturaux. Ces visages de femmes intemporelles paraissent émerger d’une brume dans une Venise en hiver ; ils ne dévoilent jamais tout à fait leur intimité ou leurs secrets. Des profils légèrement inclinés, des paupières à demi closes, des traits à peine esquissés suggèrent l’introspection du sujet, ses questionnements existentiels. La densité de leurs pensées se retrouve jusqu’à la texture de la peinture, posée en plusieurs couches complexes, jeu de miroir avec notre âme, avec nos doutes métaphysiques. La peinture de cet artiste a la particularité de ne pas dévoiler l’entièreté de sa force et de son ampleur du premier coup d’œil, elle ne cherche pas à provoquer rapidement l’observateur pour ensuite le lasser (ou lâcher son intérêt) après quelques temps.

C’est au contraire un langage subtil et progressif qui incite à revenir, tout en douceur, à retourner plusieurs fois devant la toile pour s’y plonger. Ainsi, regard après regard, la peinture de Karha tisse un dialogue à l’infini avec l’observateur et laisse en profondeur une trace qui ne cesse de muer et d’évoluer avec le temps.